Afrique Sub-Saharienne

  • Lancement d'un rapport sur ​​la situation de l'agriculture en Afrique

    Esther Nakkazi

    23/09/13

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  • Des données sur les statistiques agricoles sont difficiles à obtenir en Afrique

  • Un nouveau rapport sur des données agricoles dans 16 pays africains a été lancé

  • Les gouvernements africains doivent investir davantage dans la collecte régulière d'informations agricoles

[MAPUTO] Un nouveau rapport comportant des statistiques et des données détaillées sur l’agriculture en Afrique qui permettront aux chercheurs, aux scientifiques, aux agriculteurs et aux décideurs d'accéder à des données pertinentes et fiables en temps utile sur le secteur, a été lancé. 

Le Rapport sur la situation de l’agriculture en Afrique, publié par l'Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA), a été lancé début septembre au cours du troisième Forum sur la révolution verte en Afrique, qui s’est tenu à Maputo, au Mozambique.

Le rapport aborde les lacunes que comportent les statistiques et les données agricoles qui sont souvent difficiles à trouver en Afrique et pourtant nécessaires pour la formulation de politiques qui promouvraient la  sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Il a été compilé à partir des données fournies par des ministères africains de l'agriculture, des bureaux de statistiques et des institutions internationales - Banque mondiale, l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture et l'Organisation de coopération et de développement économiques, etc. - qui suivent les indicateurs clés.

Madame Jane Karuku, la présidente de l'AGRA, a affirmé que ce rapport sera produit annuellement.

"C'est un voyage que l’AGRA a commencé qui va permettre une planification, un suivi et une évaluation efficaces des politiques agricoles et de développement rural", a affirmé Mme Karuku.

Ce rapport se penche sur les cultures de base telles que les céréales et les plantes à tubercules comestibles en Afrique. Il se concentre sur les 16 pays où l’AGRA est présente, à savoir: le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Libéria, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.

D’après ce rapport, de nombreux pays africains tels que le Ghana, le Kenya, le Rwanda et l'Ouganda investissent dans la recherche et développent dans le secteur agricole, mais d'autres tels que l'Éthiopie, le Niger, la Sierra Leone et la Zambie sont à la traîne, ce qui conduit à l'insécurité alimentaire.

Selon le rapport, les femmes -- qui constituent la majorité des petits agriculteurs africains -- sont marginalisées dans la propriété foncière, ce qui limite leurs chances d'accès au crédit, aux technologies agricoles et aux services.

Le document indique également que l'Afrique a la plus faible proportion mondiale de personnes engagées dans la recherche agricole avec seulement 70 chercheurs par million d'habitants.

Strive Masiyiwa, le vice-président du conseil d'administration de l'AGRA, a déclaré à SciDev.Net: "Nous devons aborder les questions agricoles du jardin à la table. Nous avons une mission qui consiste à déclencher une révolution verte africaine unique qui assure la sécurité alimentaire".

Et d’ajouter: "Mais nous devons être en avance sur les tendances, remporter des succès, faire une planification stratégique et contribuer aux connaissances".

Le rapport décrit la croissance agricole, la compétitivité, les facteurs de production et les données au niveau individuel -- ou à l’échelle de la population – issus des 16 pays.

David Ameyaw, le directeur de la stratégie, du suivi et de l'évaluation à l'AGRA, a laissé entendre: "Nous espérons suivre les microdonnées ou les données au niveau individuel sur une base régulière et les proposer aux réels et potentiels consommateurs".

Michael Waithaka, le directeur de l’analyse des politiques et des programmes de sensibilisation de l'Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique de l’Est et du Centre (ASERECA), a affirmé que les données contenues dans le rapport étaient fiables, mais que leur collecte pouvait être coûteuse.

"Les gouvernements africains devraient investir davantage dans la collecte périodique des informations [agricoles] parce que ces données peuvent aider à planifier le renforcement de la sécurité alimentaire", a-t-il déclaré.

 
Le présent article est une production de la rédaction anglaise d'Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.