Afrique Sub-Saharienne

  • Un projet agricole renforce la filière patate douce

    Samuel Hinneh

    17/04/17

Lecture rapide

  • Un projet triennal a permis d'améliorer les variétés de patates douces en Afrique de l'Ouest

  • Le projet se propose de lutter contre la carence en vitamine A et d'augmenter les rendements

  • Mais un expert affirme qu'un défi majeur à relever reste les pertes post-récolte

[ACCRA] Les agriculteurs et entrepreneurs d'Afrique de l'Ouest bénéficient d'un projet permettant aux exploitants de produire des variétés améliorées de patates douces et d’avoir accès à des marchés.
 
Le projet, d'une valeur de 4 millions de dollars US - environ 2.4 milliards de Francs CFA -, a débuté en avril 2014 et s'est terminé le mois dernier (mars 2017).
 
Il a été mis en œuvre au Burkina Faso, au Ghana et au Nigeria, sur financement de la Fondation Bill et Melinda Gates.

“Des experts post-récolte et des scientifiques de l'alimentation travaillent avec nous pour élaborer de nouvelles variétés.”

Ernest Baafi, Institut de recherche sur les cultures, CSIR, Ghana

 
Les autres partenaires comprennent l'Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles du Burkina Faso, le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle [CSIR - Council for Scientific and Industrial Research] au Ghana, et l'Institut national de recherche sur les racines comestibles, du Nigéria.
 
Le projet, intitulé Jumpstarting Orange-Fleshed Sweetpotato in West Africa through Diversified Markets [Relance de la filière patate douce à chair orange en Afrique de l'Ouest grâce à des marchés diversifiés], visait à établir des systèmes commerciaux de semences de patates douces pour fournir des matériaux de plantation appropriés tout au long de l'année et développer des marchés formels et informels pour les variétés, grâce à la participation des agriculteurs à la chaîne de valeur.
 
Lors d'une visite de terrain dans les sites du projet au Ghana, le Centre international de la pomme de terre (CIP), qui parraine le projet, a déclaré que le développement et la commercialisation de la patate douce à chair orange aidera à lutter contre les carences en micronutriments.
 
Erna Abidin, responsable du projet, explique que les organisateurs ont utilisé des approches telles que des marchés structurés et des programmes d'alimentation scolaire pour développer des marchés afin d’améliorer les variétés de patates douces et de générer des revenus.
 
Le projet aidera à lutter contre les carences en vitamine A dans les pays ciblés, ajoute-t-il.
 
Julius Dorsese, un agriculteur ghanéen, explique pour sa part que la vente de vignes de patates douces à chair orange sur un acre de terre lui rapporte 6 000 cédis au Ghana (environ 1 400 dollars – 876410 FCFA), tandis que le sac de patates douces de 64 kilos lui rapporte environ 14 dollars US.
 
Ernest Baafi, un éleveur végétal chez Crops Research Institute of CSIR au Ghana, a déclaré à SciDev.Net que "des experts post-récolte et des scientifiques de l'alimentation travaillent avec nous pour développer de nouvelles variétés de "patates douces à chair orange."
 
Ted Carey, éleveur régional de patates douces au CIP et responsable pays pour le Ghana, affirme que le CIP collabore avec des instituts de recherche pour développer de nouvelles variétés de patates douces à chair orange avec des caractéristiques attrayantes pour les agriculteurs.
 
"L'accent est mis sur le développement de types à faible teneur en sucre de patates douces à chair orange combinés avec une qualité élevée pour augmenter les rendements", a-t-il déclaré à SciDev.Net.
 
Emmanuel Darkey, président de la Plateforme ghanéenne d'innovation en matière de patates douces à chair orange, affirme que les pertes après récolte constituent un défi majeur, tout en se réjouissant que les chercheurs aident les agriculteurs à résoudre le problème.