Afrique Sub-Saharienne

  • Les avantages de l’utilisation des drones dans la culture du maïs

    Busani Bafana

    15/03/17

Lecture rapide

  • Les drones contribuent à la collecte de données pour l'amélioration des cultures

  • Elle pourrait réduire la charge de travail et les coûts d'au moins dix pour cent

  • Un expert appelle au renforcement de la formation des fermiers en Afrique

[HARARE] Selon les conclusions préliminaires d'un projet, l'utilisation de la technologie du drone pourrait réduire d’au moins 10% la charge de travail et les coûts induits dans la collecte de données pour la culture du maïs.
 
Avec la demande accrue de meilleures semences en vue d'une adaptation au changement climatique, les fermiers se sont tournés vers les drones, pour la collecte précise de données sur le terrain afin de permettre une meilleure sélection du maïs dans la majorité des pays d'Afrique australe.
 

“L'utilisation de drones pour recueillir des données peut être une méthode efficace si vous tenez compte de l'étendue des surfaces concernées.”

Eric Yirenkyi Danquah
Centre ouest-africain pour
l'amélioration des récoltes

Le Centre international pour l'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) en Afrique australe a adopté les véhicules aériens téléportés comme moyen de recueillir des données et en fait un paramètre essentiel des programmes de cultures.
 
Mainassara Abdou Zaman-Allah, physiologiste du maïs au bureau régional pour l'Afrique australe du Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), affirme que l'utilisation de drones a facilité la collecte instantanée de données, ajoutant qu'avec ces engins, il est possible de recueillir en dix minutes ou moins des données sur mille lots, alors que l'opération peut prendre huit heures si elle devait s'effectuer manuellement.
 
"Dans l'analyse préliminaire que nous avons effectuée, nous avons réalisé qu'avec la technologie des drones, nous dépenserions 10% ou moins sur la main-d'œuvre et le coût, respectivement", a déclaré Mainassara Zaman-Allah.
 
Dans une interview à SciDev.Net, le chercheur a ajouté que l'analyse préliminaire montre que des économies plus importantes pourraient être réalisées si des capteurs à résolution plus élevée étaient utilisés.
 
"D'abord testés en 2013, les drones sont maintenant utilisés dans la sélection du maïs par le CIMMYT en Afrique orientale et australe, en Amérique latine et en Asie", a précisé Mainassara Zaman-Allah.
 
Eric Yirenkyi Danquah, généticien des plantes et directeur du Centre d'Amélioration des Cultures de l'Afrique de l'Ouest à l'Université du Ghana, a pour sa part souligné que de nombreux pays africains ne disposent pas de phytogénéticiens qualifiés pour mettre au point des cultures efficaces, ce qui souligne l'urgence pour l'Afrique de se doter de capacités humaines pour développer des cultures de base.
 
Eric Yirenkyi Danquah affirme en outre que la technologie ne remplacera pas les hommes dans la collecte de données et il est donc urgent que l'Afrique forme plus de phytogénéticiens et de techniciens de terrain indispensables pour développer des variétés améliorées de cultures de base afin de stimuler la productivité dans les champs.
 
Un renforcement des cultures de rente à mesure que les marchés se développeront attirera des entreprises agricoles multinationales en Afrique qui s'appuieront sur de grands programmes d'amélioration des cultures, ce dont l'Afrique ne dispose pas actuellement, explique-t-il.
 
"Cela exigera de la technologie et les drones auront certainement un rôle à jouer à l'avenir", soutient encore Eric Yirenkyi Danquah.
 
"L'utilisation de drones pour recueillir des données peut être une méthode efficace si vous tenez compte de l'étendue des surfaces concernées. A mesure que la taille des champs augmente, des moyens plus efficaces [de collecte de données] seront nécessaires. "