Afrique Sub-Saharienne

  • Education: Renforcer l'intérêt pour la science par la pratique

    Pamela Ofori-Boateng

    04/05/17

Lecture rapide

  • L'enseignement théorique de la science ne permet pas une réelle assimilation

  • Un enseignant ghanéen s'attaque au problème en lançant un laboratoire mobile à Accra

  • Mais son initiative se heurte à l'absence de financements

Un enseignant ghanéen a lanceé un projet de laboratoire initérant, pour aider les écoles à mener des travaux pratiques en sciences, au profit de leurs élèves.

Pour Nana Kwame Opoku-Jackson, un enseignement conséquent de la science requiert un minimum de moyens techniques adéquats pour mener des expériences pratiques.
 
Mais la plupart des écoles africaines ne disposent pas de tels moyens et la qualité de l'enseignement scientifique s'en trouve ainsi affectée.
 
Pour aider à régler ce problème, Nana Kwame Opoku-Jackson, a lancé à titre expérimental un laboratoire scientifique mobile et itinérant, à l'intention des élèves.

“Je n'ai jamais vu, ni visité un laboratoire scientifique pendant mes études secondaires jusqu'à l'examen final”

Nana Darkoaa
Lycéenne, Accra

 
"Après avoir enseigné la science pendant 18 ans, je me suis rendu compte que l'enseignement de la science au niveau primaire et secondaire était plus théorique que pratique", explique Nana Kwame Opoku-Jackson.
 
Selon lui, enseigner aux étudiants uniquement la théorie scientifique sans pratique rend difficile pour eux l'assimilation et l'étude de la discipline.
 
Cela amène aussi les élèves à développer une peur irrationnelle pour les matières scientifiques, à mesure qu'ils évoluent dans leur scolarité.
 
Nana Kwame Opoku-Jackson a donc cherché à faire la différence dans les méthodes d'enseignement de la science à l'école primaire et secondaire ; en 2008, il s'est lancé à titre expérimental dans un projet appelé le Potter’s Mobile Science Lab.
 
"J'ai décidé de m'aventurer dans ce projet, en partie parce que la plupart des écoles n'ont pas de laboratoires scientifiques", explique-t-il.
 
Dans le cadre du projet, Nana Kwame Opoku-Jackson visite des écoles secondaires d'Accra et les aide à aborder différents aspects de la science en fonction de leurs programmes d'études.
 
Les élèves apprennent à effectuer des tests sur des substances alimentaires telles que les protéines, l'amidon, les graisses et l'huile et la réduction du sucre et ce, afin de leur permettre de connaître les éléments nutritifs que contiennent les différents repas qu'ils consomment.
 
"Nous les engageons dans toute forme d'activité pratique qui nécessite l'utilisation de produits chimiques et d'équipements que les écoles peuvent ne pas avoir".
 
La plupart des écoles secondaires et même des écoles secondaires au Ghana manquent de laboratoires scientifiques, ce qui rend difficile l'assimilation de la discipline.
 
Nana Darkoaa, une lycéenne, a déclaré à SciDev.Net qu'elle n'a "jamais vu, ni visité un laboratoire scientifique" pendant ses études secondaires jusqu'à l'examen final.
 
"Quand venait la période des examens finaux, nous étions tous emmenés dans une autre école pour les épreuves de travaux pratiques en sciences parce que mon école ne possédait pas de laboratoire scientifique".
 
"J'enseigne les sciences à l'école Wajir Barracks”B” à Accra. Ce projet de laboratoire de sciences mobiles a été vraiment utile pour les étudiants et les enseignants en sciences. Je fais souvent appel à Opoku-Jackson pour dispenser les cours théoriques et pratiques d'électronique élémentaire, afin de permettre aux élèves de mieux comprendre, a pour sa part déclaré Maud Agbenorto à SciDev.Net.
 
Quant à Nana Kwame Opoku-Jackson, s'il se réjouit du succès global de son initiative, il regrette cependant qu'elle ne puisse bénéficier d'un financement continu.
 
"Le projet s'est bien déroulé jusqu'à présent, explique-t-il. Le seul défi est que l'on ne peut pas vraiment demander aux écoles du secteur public de payer, afin d'exécuter le projet  comme une entreprise."
 
Opoku-Jackson a identifié le manque de matériel, de produits chimiques et de laboratoires scientifiques comme des problèmes entravant l'enseignement et l'apprentissage de la science.
 
"Je pense que chaque district devrait avoir au moins 5 laboratoires susceptibles d'être utilisés par les écoles dans la région", a-t-il estimé.
 
Il a loué l'Assemblée métropolitaine d'Accra (AMA), l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Banque mondiale pour la construction de certaines écoles dotées de laboratoires scientifiques et a recommandé d'étendre l'initiative à d'autres régions du pays.
 
Les professeurs de sciences, a-t-il poursuivi, devraient bénéficier régulièrement de programmes de recyclage pour être au courant des tendances actuelles de l'enseignement de la discipline.
 
En outre, conclut-il, la science est un sujet pratique et devrait être enseignée dès le plus jeune âge.