Afrique Sub-Saharienne

  • La Tunisie veut tripler le nombre d'étudiants étrangers en trois ans

    Sihem Hassaini

    28/08/17

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  • Le nombre d'étudiants d'Afrique sub-saharienne a baissé de moitié en sept ans

  • Des mesures sont annoncées pour consolider la coopération scientifique avec le sud

  • Des quotas d'inscription dans les universités sont proposés aux étudiants africains

A l'issue de la première édition du Tunisian African Empowerment Forum, la Tunisie a pris une série de mesures pour renforcer les performances de son système d'enseignement supérieur et faciliter l'accès aux universités tunisiennes aux étudiants originaires d'Afrique sub-saharienne.
 
Ces mesures comprennent, entre autres, le renforcement de la coopération avec les pays d'Afrique sub-saharienne dans les domaines de l'enseignement supérieur de de la recherche scientifique, l'allégement des formalités administratives pour les étudiants étrangers et l'octroi de bourses d'études pour les étudiants ressortissants de certains pays.
 
Le forum de Tunis, qui s'est déroulé la semaine dernière (22 et 23 août) a réuni des responsables de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle de plusieurs pays d'Afrique sub-saharienne.

“Où on a de l'offre intéressante, on peut la mettre au service des autres pays africains, non seulement en accueillant dans les meilleures conditions des étudiants des pays voisins, mais aussi en envoyant les Tunisiens effectuer des travaux de recherche.”

Mondher Khanfir
Vice-président du TABC

 
Il avait pour but affiché de renforcer la coopération sud-sud en matière d'enseignement supérieur, de promouvoir les universités tunisiennes et d'orienter les étudiants du reste de l'Afrique vers la Tunisie.
 
La rencontre était une réponse à la chute du nombre d'étudiants d'Afrique sub-saharienne dans les établissements d'enseignement supérieur du pays.
 
De 12.000 en 2010, ils sont passés à 4500 en 2017 et les autorités tunisiennes s'étaient engagées à apporter des solutions concrètes à cette hémorragie.
 
Au nombre des mesures proposées, le triplement du nombre d'étudiants étrangers d'ici à 2020. Le gouvernement propose, pour y parvenir, une meilleure gouvernance du secteur de l'enseignement supérieur afin de rendre les échanges plus solides.
 
"C'est une sorte de fertilisation croisée ; où on a de l'offre intéressante, on peut la mettre au service des autres pays africains, non seulement en accueillant dans les meilleures conditions des étudiants des pays voisins, mais aussi en envoyant les Tunisiens effectuer des travaux de recherche et faire valoir leur expertise dans l'enseignement", a déclaré Mondher Khanfir, vice-président du TABC (Tunisian African Business Council), organisateur du forum.
 
Par ailleurs, le Mali, Djibouti et le Burkina Faso vont désormais bénéficier de l'expertise tunisienne en matière d'enseignement supérieur et de recherche scientifique.
 
Un quota d'inscriptions gratuites et payantes en Tunisie permettra la formation de formateurs en sciences économiques, en sciences juridiques, en médecine et en chimie.
 
La Tunisie s'est également engagée à accompagner la mise en place d'une technopole au Burkina Faso.
 
Les intervenants ont pour leur part appelé à renforcer les représentations diplomatiques de la Tunisie en Afrique (pour le moment, la Tunisie ne dispose de telles structures que dans onze pays du continent).
 
Egalement représentée au Forum de Tunis, la RDC a ainsi annoncé avoir initié des démarches en vue de la suppression des visas d'entrée pour les Tunisiens.
 
Selon Gérard Maka, de la commission mixte de coopération tuniso-congolaise pour la formation professionnelle, les deux parties ont "déjà entrepris des démarches pour la suppression des visas entre la Tunisie et le Congo."
 
"Nous avons des potentialités et nous demandons à la Tunisie de venir investir chez nous. Ce forum est aussi un appel pour dire qu'il faut tourner les yeux vers l'Afrique sub-saharienne, au lieu de rester en attente de l'Europe ou de l'Asie. Tous nos secteurs sont encore vierges et nous pouvons signer des accords."
 
Le renforcement des liens devra passer avant tout par la facilité des échanges aériens.
 
La compagnie tunisienne Tunisair qui, en dehors du grand Maghreb, ne dessert que sept pays d'Afrique noire, a été invitée à desservir plus de destinations en Afrique sub-saharienne. 
 
Enfin, l’accélération de la délivrance des visas pour les étudiants, ainsi que la mise en place d'un réseau bancaire sont une note positive, selon l'Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie (AESAT), qui milite pour les droits des étudiants et stagiaires sub-sahariens.
 
Son président, Mack Arthur Deongane Yopasho, a déclaré à SciDev.Net que les requêtes de l'organisation ont été soumises au gouvernement tunisien.
 
"Il nous a promis des procédures plus rapides pour l'obtention des visas, mais aussi un meilleur accueil des étudiants sub-sahariens afin de leur expliquer les procédures administratives du pays", a-t-il précisé.