Afrique Sub-Saharienne

  • Pour un enseignement au service du développement

    Ochieng' Ogodo

    17/08/17

Lecture rapide

  • L'atelier exhorte l'Afrique à adapter l'éducation aux besoins du continent

  • Les connaissances autochtones devraient être intégrées dans les programmes d'enseignement

  • Une éducation équilibrée et inclusive pourrait aider le continent à atteindre les ODD

[LAGOS] Selon les participants à une rencontre internationale, le programme africain de recherche dans l'enseignement supérieur a principalement porté sur des objectifs académiques et scientifiques non adaptés aux besoins de développement du continent.
 
La réunion, tenue au Nigeria le mois dernier (25-26 juillet), a consisté à recueillir les commentaires de 30 décideurs de haut rang venus d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie et de l'Europe sur les efforts continus des pays pour assurer une éducation équilibrée et inclusive et sur les moyens d'améliorer ces efforts à travers la politique et la pratique.

“L’éducation pour le développement humain est au cœur de tous les programmes de développement socio-économique de toute nation.”

Ekanem Ikpi Braide
Académie nigériane des sciences


Manssour Bin Mussallam, président de l'ONG Education Relief Foundation (ERF), basée en Suisse, a déclaré : "L'Afrique n'a pas été suffisamment orientée vers la recherche de solutions endogènes à la santé, à l'éducation, à l'eau, au changement climatique, à l'énergie et à la sécurité alimentaire - autant d'indices de développement durable."
 
S'exprimant lors de la réunion régionale organisée par l'ERF et l'Académie nigériane des sciences (NAS), Manssour Bin Mussallam a déclaré que l'éducation doit transformer et améliorer les conditions de l'apprenant et de la communauté, la jugeant cruciale pour parvenir au développement durable.
 
Manssour Bin Mussallam a en outre fait valoir que des recherches récentes montrent que peu de choses ont été faites, en particulier en Afrique subsaharienne, pour garantir l'adoption maximale des connaissances autochtones pour le bien commun.
 
Il a en outre a ajouté que l'ERF œuvrait pour l'enracinement d'une culture de l'éducation équilibrée et inclusive, fondée sur le besoin d'encourager des conversations au sein d'une même culture, la résolution de problèmes dans différentes disciplines et l'aide à la pensée critique dans des contextes locaux et mondiaux.
 
Selon Ekanem Ikpi Braide, vice-présidente de la NAS, tout en regrettant que l'éducation n'ait pas reçu toute l'attention requise en Afrique, a souligné qu'elle est une condition préalable à la réalisation des objectifs mondiaux de développement durable (ODD).
 
"L'éducation pour le développement humain est au cœur de tout programme de développement socio-économique de toute nation", a-t-elle noté.
 
Si les systèmes d'éducation en Afrique sub-saharienne sont adéquats, a-t-elle expliqué, la réalisation des ODD pourrait être plus rapide et la réduction de la pauvreté pourrait être atteinte d'ici à 2030 ou plus tôt que prévu.
 
La qualité de l'enseignement, a-t-elle soutenu, doit être examinée de manière critique car les enseignants ne sont actuellement pas soucieux des valeurs, des attitudes et des compétences ; ni des compétences en matière de gestion de la vie quotidienne, ni des compétences en matière d'entrepreneuriat nécessaires pour relever les défis actuels.
 
Selon Ekanem Ikpi Braide, le besoin d'une recherche faite pour des programmes d'études et qui intègre le savoir indigène, est réel.
  
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.