Afrique Sub-Saharienne

  • Une vue de la Kwiizibox

  • Un outil de partage de contenus éducatifs hors connexion

    Ghislaine Deudjui

    11/11/16

Lecture rapide

  • Des données sont préenregistrées dans un outil appelé Kwiizibox, doté d’un réseau Wifi

  • Ce Wifi qui marche sans connexion internet donne aux utilisateurs accès aux contenus

  • Les pays qui l’utilisent déjà sont : Cameroun, Nigeria, Burkina Faso et Brésil

 
Deux jeunes informaticiens camerounais, promoteurs d'une start-up appelée Kwiizi, ont développé un matériel dénommé Kwiizibox, qui permet aux élèves, étudiants et enseignants des écoles privées de connexion internet, d’accéder à des contenus éducatifs sans recourir à un réseau de télécommunications.
 
Yann Nkengne et Raoul Fotso, les deux concepteurs de cette infrastructure, expliquent que la particularité de la Kwiizibox, c’est que ses serveurs sont des nanoordinateurs (raspberryPi) qui fonctionnent grâce à l’énergie solaire 24h/24 loin des coupures électriques.

“L’esprit créatif de ces jeunes en termes de réalité est sain et, s’intéresser à l’éducation comme ils le font est signe de participation au développement. On utilise la plateforme qui est hébergée sur leur serveur pour avoir accès à une multitude de données”

Hypolithe Tekeu
Institut iniversitaire de la côte - Douala - Cameroun

 Constituée d’une partie matérielle fabriquée en occident et d’une partie logicielle conçue au Cameroun par les deux jeunes gens, la Kwiizibox permet d’avoir accès à distance à toute la base de données de Wikipedia, à des cours en version vidéo et à des ouvrages éducatifs via son réseau local Wifi.
 
A l’intérieur du réseau Wifi de la Kwiizibox, les utilisateurs peuvent aussi communiquer par appel vidéo sans passer par internet, ni par un opérateur de télécommunications, le tout gratuitement.
 
L'impact recherché est l'amélioration du taux de réussite des élèves et l'augmentation du niveau d'alphabétisation.
 
"Nous essayons de démocratiser l'éducation grâce au numérique et contribuons ainsi à l'atteinte de l'un des Objectifs du développement durable (ODD), à savoir l'éducation pour tous", fait savoir Raoul Fotso.
 
La start-up commercialise deux types de KwiiziBox. Une destinée aux écoles primaires et une autre dotée d'un contenu didactique pour les institutions universitaires.

Frais de maintenance
 
Les écoles qui utilisent cet équipement payent juste des frais de maintenance et de mise à jour. C’est le cas de quatre institutions au Cameroun: l’Université de Douala, l’Institut supérieur de l’enseignement et de management (ISEM-IBCG), l’Institut universitaire de la côte (IUC) et la Cameroon Institute of specialisation (CIS).
 
"Leur plateforme est sans aucun doute un concept innovant et révolutionnaire dans le secteur éducatif camerounais. L’accès au réseau est gratuit. Et l’on peut bénéficier d’un contenu didactique utile aux étudiants et même aux professeurs", explique Patrick Kouobo, responsable informatique à la CIS.
 
La qualité du service rendu par cet instrument est également appréciée du côté de l’IUC où Hypolithe Tekeu, directeur du développement des infrastructures et de la planification, ne cache pas sa satisfaction.
 
"Kwiizibox permet de sortir les étudiants de l’ignorance. Le résultat est instantané. L’esprit créatif de ces jeunes en termes de réalité est sain et, s’intéresser à l’éducation comme ils le font est signe de participation au développement. On utilise la plateforme qui est hébergée sur leur serveur pour avoir accès à une multitude de données", dit-il.

Ambitions
 
Mais, du côté des autorités, on n’a pas encore pris la pleine mesure de cette initiative. A la représentation régionale du ministère de l’Education de base à Douala par exemple, les services de la Kwiizibox ne sont pas encore connus.
 
Mais, en apprenant son mode de fonctionnement, Yvette Kombou, la déléguée régionale, commente : "c’est un projet éducatif prometteur. Le concept est louable".
 
Pour l’heure, à en croire ses promoteurs, la Kwiizibox est présente dans 15 institutions scolaires et universitaires de quatre pays : Cameroun, Burkina-Faso, Nigéria et Brésil ; avec au total quelque 20 000 utilisateurs.
 
Ce qui renforce les ambitions de ses jeunes concepteurs : "nous souhaitons conquérir toutes les écoles et même le marché international de l'éducation en développant des outils révolutionnaires comme le partage instantané des écrans d'ordinateur par deux utilisateurs", lancent-ils.
 
Pour cela, ils devront surmonter de grandes difficultés, notamment d’ordre financier : "nous n'avons pas bénéficié d'une assistance pour financer les prototypes. De plus, plusieurs responsables d'écoles ne comprennent pas encore la technologie. Ce qui nous pousse à augmenter nos budgets de communication", regrette Yann Nkengne.