Afrique Sub-Saharienne

  • Aider les femmes à tirer profit de l’élevage de poulets

    Alberto Leny

    19/11/15

Lecture rapide

  • Les femmes constituent 70 % des petits fermiers qui élèvent des poulets en Afrique

  • Un projet cible les femmes pour les aider à tirer plus de revenus des poulets

  • Les chercheurs devraient se concentrer sur la génétique pour aider les éleveurs

[NAIROBI] Un projet visant à améliorer la production de poulets par les petits fermiers pourrait améliorer les moyens de subsistance de millions de ménages pauvres ruraux et périurbains en Afrique sub-saharienne.
 
L’African Chicken Genetic Gains (ACGG) vise les petits fermiers, en particulier les femmes en Éthiopie, au Nigeria et en Tanzanie, en identifiant et en produisant des poulets de races exotique et locale, explique Tadelle Dessie, le chercheur qui dirige le projet.
 
Lors de l'atelier de recherche en génétique animale de l'International Livestock Research Institute (ILRI), au Kenya en septembre dernier, Tadelle Dessie, qui est directeur du projet de l’ACGG notait que le projet visait à catalyser les partenariats public-privé en vue d’accroître la production de poulets chez les petits fermiers, un des moyens d’atténuation de la pauvreté en Afrique.
 
Tadelle Dessie, qui est généticien vétérinaire à l'ILRI, en Ethiopie, a ajouté que le projet vise surtout les femmes parce qu'elles constituent 70 pour cent des petits producteurs de poulet sur le continent. Le nouveau projet vise à parvenir à une productivité d'au moins 200 pour cent plus importante que celle des races non améliorées.
 
Tadelle Dessie a déclaré que ce projet collaboratif quinquennal d’une dotation de 15 millions de dollars (environ 8,250 milliards de FCFA), qui a été lancé en Tanzanie et au Nigeria cette année, est financé par la Fondation Bill et Melinda Gates basée aux États-Unis.
 

L'ACCG est une plate-forme pour tester, livrer et améliorer de façon continue les capacités pour permettre aux petits fermiers pauvres d’Afrique d'accéder à des poulets à rendement élevé

Tadelle Dessie
The African Chicken Genetic Gains

Il testera le matériel génétique appelé germoplasme adapté aux tropiques et issu du poulet, et établira une multiplication stable des poulets préférés par les fermiers.
 
L'ILRI collabore avec des institutions telles que l'Institut éthiopien de recherche agricole, l’Université Obafemi Awolowo, au Nigéria, l'Institut tanzanien de recherche sur l'élevage, l'Université de Wageningen basée aux Pays-Bas et une société mondiale de produits laitiers basée elle aussi aux Pays-Bas.
 
"L'ACCG est une plate-forme pour tester, livrer et améliorer de manière continue les capcités pour permettre aux petits fermiers pauvres d’Afrique d’accéder à des poulets à rendement élevé", a déclaré Tadelle Dessie.
 
"Nous testerons des races améliorées de poulets venant d'Inde et d'Afrique en vue de démontrer le fort potentiel de production dans les systèmes à faibles intrants", a-t-il ajouté.
 
Il précise que "nous allons développer des partenariats public-privé pour mettre à disposition les génotypes préférés des fermiers [leurs caractères génétiques]. Des essais dans les fermes seront combinés avec des plates-formes d'innovation des fermiers au niveau communautaire qui poussent les femmes à co-créer des solutions et décider quels génotypes et quels modèles de prestation de services leur conviennent le mieux".
 
Dessie a souligné que l'ACCG a pour objectif d’exercer une influence sur la recherche existante tout en mettant en œuvre des approches novatrices pour développer des chaînes de valeur du poulet au niveau des pays sur la base de preuves scientifiques.

L'ILRI a également accueilli un cours avancé sur la conception et la mise en œuvre de programmes de reproduction pour les petits producteurs de volaille du 27 septembre au 02 octobre en l'Ethiopie, qui visait les doctorants impliqués dans l'amélioration génétique de la volaille.
 
Samuel Aggrey, un professeur de génétique au Département des sciences de la volaille de l'Université de Géorgie, aux Etats-Unis, qui a mené des recherches sur l’élevage des volailles à petite et grande échelle au Ghana, au Mexique et en Ouganda, demande aux chercheurs et aux partenaires de développement d’aider à combler les lacunes de  connaissances en mettant l'accent sur les questions importantes relatives à la génétique et la production.
 
Samuel Aggrey note que les chercheurs dans le domaine avicole se concentrent sur la capacité de ponte des poules et la résistance à la  maladie de Newcastle, une question importante pour les éleveurs de volailles.