Afrique Sub-Saharienne

  • Un outil interactif pour pratiquer un élevage durable

    Julien Chongwang

    08/09/16

Lecture rapide

  • Le GLEAM-i aide les décideurs à maîtriser l’activité pastorale d’une région donnée

  • Il permet à la fois de relever la production et de contrôler les émissions de GES

  • Chaque année, la production animale génère 7,1 gigatonnes d’équivalent CO2

Le 23 août dernier, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a mis à la disposition du public un outil pour évaluer l’emprunte carbone du bétail tout en améliorant les rendements des unités d’élevage.
 
Dénommé Global livestock environmental assessment model interactif (GLEAM-i), le nouvel outil répond ainsi à plusieurs préoccupations, selon ses concepteurs : " par exemple, en tant que petit détenteur de bétail ou éleveur, comment faire pour que mes bêtes produisent plus de lait, de viande ou d'œufs ? Si vous êtes un décideur politique, quelles pratiques dois-je soutenir afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par le bétail ?"
 

“GLEAM-i n’est pas adapté pour fonctionner à l'échelle de l’exploitation et de l’éleveur ; mais davantage à l’échelle du pays, de la région ou du district. Il convient donc beaucoup plus aux chercheurs, gouvernements, agents de développement, agents techniques, vétérinaires et ONG qu’aux éleveurs”

Anne Mottet
Chargée des politiques liées à l'élevage à la FAO

 
Contactée par SciDev.Net, Anne Mottet, chargée des politiques liées à l'élevage à la FAO, précise que "GLEAM-i est une fichier Excel. Lorsque l’utilisateur choisit le pays qu’il veut étudier, tous les paramètres par défaut sont automatiquement chargés dans les différentes feuilles de calcul : nombres de vaches, de cochons, de chèvres etc., répartition entre les systèmes industriels ou de basse-cour, pâturage ou mixtes, taux de fertilité, mortalité, rendements, ration alimentaire détaillée, gestion du fumier, etc."
 
Elle ajoute que " l’utilisateur peut alors modifier les paramètres proposés pour améliorer le scenario de référence ; mais aussi pour simuler des modifications techniques afin d’améliorer la productivité des élevages et de réduire les émissions de GES".
 
Par exemple, apprend-on, un utilisateur peut simuler l’amélioration de la santé animale dans l’élevage, changer les taux de mortalité et de fertilité, la gestion de la reproduction (âge au premier vêlage, rapport males/femelles dans les troupeaux etc.) et bien d’autres paramètres ; dans tous les cas, ces changements sont immédiatement pris en compte dans les résultats.
 
Seulement, relève Anne Mottet, " GLEAM-i n’est pas adapté pour fonctionner à l'échelle de l’exploitation et de l’éleveur ; mais davantage à l’échelle du pays, de la région ou du district. Il convient donc beaucoup plus aux chercheurs, gouvernements, agents de développement, agents techniques, vétérinaires et ONG qu’aux éleveurs."
 
Parce que, dit-elle, cette application permet de simuler des politiques d’intervention comme par exemple les effets d’une campagne de vaccination sur la productivité pastorale et sur les émissions de GES.
 
Sources des émissions
 
SciDev.Net a appris que le système a déjà été utilisé dans certains pays, à l’instar du Niger où les équipes de la Banque mondiale et de la FAO s’en sont servies pour évaluer l'impact des interventions du projet PASEC (Projet d’appui à l’agriculture sensible aux risques climatiques)".
 
Selon une étude réalisée par la FAO et dont les résultats ont été publiés en 2013, "les émissions de gaz à effet de serre, toutes filières de production animale confondues, s'élèvent à 7,1 gigatonnes d'équivalent CO2 par an - soit 14,5 % de toutes les émissions d'origine anthropique."
 
Cette étude cite comme principales sources de cette émission la transformation de fourrage (45%), la digestion des bovins (39%), la décomposition du fumier (10%), ainsi que la transformation et le transport des produits animaux.
 
L’étude conclut que ces émissions pourraient être réduites de 30% si une plus large utilisation est faite des meilleures pratiques et technologies existantes.
 
A ce propos, rappelons que le GLEAM-i a été mis au point à partir du GLEAM, système déjà proposé par la FAO "pour encourager de nouvelles politiques et pratiques afin de parvenir à un développement durable du bétail".