Afrique Sub-Saharienne

  • Du soutien pour le pastoralisme dans le Sahel

    Julien Chongwang

    04/11/15

Lecture rapide

  • L’OIE va coordonner le volet santé animale du Projet d’appui au pastoralisme

  • Il s’agit d’améliorer les capacités des infrastructures et services vétérinaires

  • Ce Projet qui bénéficie d’un appui de la Banque mondiale est vital pour la région

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) ont signé le 23 octobre dernier un accord de partenariat pour que l’OIE coordonne le volet santé animale du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS).
 
La coordination que va assurer l’OIE part du fait que la composante santé animale du PRAPS est entreprise sur la base des outils d’évaluation de la qualité des services vétérinaires mis en place par l’OIE.
 
Cette composante santé animale comprend, d’une part, l’amélioration des infrastructures et le renforcement des capacités des services vétérinaires nationaux ; et, d’autre part, la surveillance et la lutte contre les maladies, en particulier la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine.
 
Selon les experts des deux organisations, "le pastoralisme reste, dans certaines régions subsahariennes très arides, la seule option de développement économiquement viable, permettant l’occupation souhaitable et nécessaire du territoire et sa valorisation économique".
 
Et de poursuivre : "pour ces populations, le contrôle durable des maladies infectieuses est essentiel non seulement afin de réduire les risques sanitaires et de sécuriser le capital représenté par leur cheptel, mais aussi pour garantir des marchés aux animaux et produits d’origine animale"

“Les menaces qui pèsent sur l’avenir du pastoralisme sont mondiales et risquent d’affecter durablement des populations détentrices de modes de vie et de savoirs qui appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité”

Bernard Vallat
Directeur général de l’OIE

 
Paradoxalement, selon la déclaration de Nouakchott de 2013 sur le pastoralisme, seulement 1,7% de l’aide internationale destinée à l’agriculture profite au développement de l’élevage et des services vétérinaires qui en assurent la productivité et la pérennité.
 
D’où l’interpellation de Bernard Vallat, le directeur général de l’OIE : "les menaces qui pèsent sur l’avenir du pastoralisme sont mondiales et risquent d’affecter durablement des populations détentrices de modes de vie et de savoirs qui appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité".
 
Créé à la faveur de la conférence du CILLS tenue à Nouakchott (Mauritanie) en 2013, le PRAPS est principalement financé par la Banque mondiale, à hauteur de 248 millions de dollars (environ 136,5 milliards de FCFA).
 
Avec pour objectif l’amélioration de l’accès aux marchés et aux moyens de production et services essentiels dans des zones sélectionnées de six pays sahéliens : Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.
 
Selon le communiqué de presse rendu public au terme de la signature du partenariat entre l’OIE et le CILSS, la particularité de ces pays est que leur secteur de l’élevage "est basé à plus de 75% sur le pastoralisme transhumant ou nomade".
 
Créé en septembre 1973 suite à la grande sécheresse qui venait de frapper le Sahel en 1970, le CILSS regroupe de nos jours treize États membres: Bénin, Cap VertCôte d’ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie, Sénégal, Togo, Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad.