Afrique Sub-Saharienne

  • Certaines bactéries peuvent aider à lutter contre les décès de nourrissons

    M. Sreelata

    31/08/17

Lecture rapide

  • La septicémie cause un million de décès chez les enfants dans le monde

  • Des doses de bactéries intestinales bénéfiques ont réduit la mortalité en Inde

  • D'autres études dans d'autres régions sont nécessaires, selon un expert

[NEW DELHI]  Selon les résultats d'un essai randomisé mené dans l'état d'Odisha, en Inde, les décès chez les nourrissons dus à une septicémie (infection bactérienne du sang) peuvent être réduits de près de moitié avec des doses de bactéries intestinales saines.
 
Les résultats de l'étude, publiés ce mois dans la revue Nature, montrent que lorsqu'une combinaison "symbiotique" d'une souche probiotique de la bactérie intestinale Lactobacillus plantarum et d'un hydrate de carbone qui favorise des bactéries saines a été administrée aux nourrissons néonatals pendant une semaine, l'incidence de la septicémie peut être réduite.
 
Plus important encore, le traitement, sur une période d'une semaine, a un prix abordable, soit 1 $ US (environ 600 Francs CFA) par bébé.
 
La septicémie est responsable d'un million de décès de nourrissons par an, la plupart dans le monde en développement, mais les solutions pour en venir à bout sont limitées.

“Le résultat principal a été la réduction du nombre de décès dus à la septicémie.”

Pinaki Panigrahiy
Centre médical
Université du Nebraska

 
L'étude portait sur 4,556 nourrissons - certains placés de manière aléatoire dans un groupe qui a reçu la combinaison symbiotique et un autre groupe sur un placebo - pendant plus de deux mois. La septicémie ou le décès est survenu chez 9% des nourrissons du groupe placebo et seulement 5,4 % du groupe symbiotique, ce qui représente une réduction de 40%.
 
"Le résultat principal a été la réduction du nombre de décès dus à la septicémie", a déclaré Pinaki Panigrahi, auteur principal et professeur d'épidémiologie à l'Ecole de santé publique du Centre médical de l'Université du Nebraska, aux États-Unis.
 
Selon l'UNICEF, 748 000 nouveau-nés meurent chaque année en Inde (un quart du total mondial), 33% d'entre eux souffrant d'infections.
 
"La mortalité néo-natale a été réduite grâce à l'amélioration du système de prestation de soins de santé, mais les décès dus à la septicémie, principalement pendant la première semaine de vie, sont restés stagnants", a déclaré Pinaki Panigrahi à SciDev.Net.
 
Le chercheur estime que les interventions symbiotiques peuvent être fournies universellement dans les pays d'Asie du Sud où les ressources en santé publique sont limitées.
 
"Alors qu'un certain niveau de réfrigération est actuellement nécessaire [pour garder en vie les bonnes bactéries en poudre lyophilisée], ce n'est rien comparé à côté la chaîne du froid requise pour les vaccins injectables typiques. L'objectif est de le livrer en temps opportun [peu après la naissance] et à bon marché."
 
Daniel Tancredi, professeur agrégé au département de pédiatrie de l'UC Davis, en Californie, a déclaré à SciDev.Net que l'étude fournit "des preuves précieuses en faveur d'un symbiotique particulier efficace pour prévenir les infections bactériennes graves chez les jeunes enfants dans une région. D'autres études pourraient établir ce qui fonctionne dans d'autres localités."
 
Cet article a été rédigé par le desk Asie-Pacifique de SciDev.Net.