Afrique Sub-Saharienne

  • Les start-ups africaines en compétition à Londres

    Aisling Irwin

    30/03/17

Lecture rapide

  • Des start-ups africaines exposent leurs idées devant des investisseurs à Londres

  • Des cuisinières solaires aux alertes SMS pour l'eau, l'imagination est au rendez-vous

  • Mais des investissements additionnels sont nécessaires pour lutter contre le chômage

Un concours à l'intention de start-ups susceptibles de contribuer à améliorer le quotidien des populations africaines a mis en évidence une tendance croissante à lutter contre la pauvreté par l'entrepreneuriat.
 
De petites sociétés travaillant sur des idées intelligentes allant de la rénovation des batteries pour petits véhicules à une agence en ligne reliant les élèves à des experts ont eu la chance d'exposer leurs innovations devant un public d'investisseurs potentiels à Londres, la semaine dernière.
 
L'événement, connu sous le nom [email protected] Africa, a eu lieu dans la même semaine que le lancement d'une alliance des entrepreneurs ouest-africains à Accra, au Ghana, où les ministres ont déclaré que l'entrepreneuriat était une piste possible pour résorber la question du chômage des jeunes.
 
Mais un expert avertit que l'entrepreneuriat ne peut pas stimuler le développement sans des investissements dans l'infrastructure et les compétences.
 
[email protected] Africa a rassemblé 16 entreprises finalistes invitées à présenter leurs idées au St James Palace, à Londres.
 
L'événement a été organisé conjointement par le Duc de York et la Royal Academy of Engineering du Royaume-Uni. Au nombre des idées exposées se trouvait un cuiseur solaire ; ses concepteurs espèrent qu’il permettra de régler les problèmes posés par des modèles antérieurs, grâce à l’utilisation de circuits électroniques lui permettant de suivre le soleil, afin de maximiser l'exposition.
 
Son concepteur, Water & Solar100, essaie d'obtenir des financements en vue de son déploiement dans les communautés les plus pauvres ; Water & Solar100 envisage également de le promouvoir auprès des plus aisés comme barbecue écologique susceptible d'être utilisé sur la plage.
 
Une autre innovation, qui est sur le point d'être testée dans le bidonville de Kibera au Kenya, propose aux femmes de recevoir par SMS des alertes sur la disponibilité de l'eau dans leur lieu de résidence.
 
Son inventeur, Kelvin Gacheru, fondateur de Mobitech Water Solutions, espère qu'elle va éviter aux femmes de parcourir de longues distances à la recherche de l’eau, sans garantie d’en trouver.

David Ockwell, de l'Université de Sussex, affirme que [email protected] Africa est caractéristique d'une nouvelle tendance dans la communauté du développement qui espère exploiter l'esprit d'entreprise de l'économie de marché dans le domaine de la technologie. Il a averti que bien que l'idée soit bonne, la "fixation" sur les marchés libres ne peut réussir que si les donateurs investissent également dans la mise en place d'infrastructures et de compétences.

En ce qui concerne l'énergie solaire, par exemple, David Ockwell et ses collègues publieront bientôt une étude montrant que le marché kényan des panneaux solaires hors réseau, souvent présenté comme un succès de l'économie de marché, n'aurait pas connu un tel engouement si les donateurs n'avaient pas accumulé des capacités dans des secteurs clés du marché.
 
Par exemple, des recherches approfondies sur la façon dont les pauvres utilisent l'énergie et l’impact négatif des politiques sur le progrès ont ouvert la voie au succès du secteur privé, a-t-il déclaré.
 
Pendant ce temps, les espoirs de voir l'entrepreneuriat aider les pays africains à sortir de la crise du chômage des jeunes ont été formulés lors du lancement de l'Alliance Commonwealth des Jeunes Entrepreneurs ouest-africains, à Accra.
 
Isaac Kwame Asiamah, ministre de la Jeunesse et des Sports du Ghana, a déclaré que l'alliance "accélérerait l'intégration sociale, politique et économique des entrepreneurs grâce à l'apprentissage entre pairs et au réseautage entre les jeunes des États d'Afrique de l'Ouest."
 
Le nombre des jeunes à travers le continent devrait doubler et se chiffrer à 850 millions à l’horizon 2050, selon l'Organisation internationale du Travail.