Afrique Sub-Saharienne

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  • La coopération britannique au secours des chercheurs africains

    Théodore Kouadio

    29/11/13

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  • Les universités d'Afrique de l'Ouest et Centrale consacrent seulement 0.3% de leur PIB à la recherche, contrairement à l'esprit du Plan d'action de Lagos, qui recommande 1%

  • Selon l'Académie des sciences du Royaume-Uni, cette dotation vise à briser les barrières linguistiques, "blocage pour le développement de l'Afrique"

  • Mais les chercheurs africains déplorent toujours que le financement de la recherche dépendent des organismes étrangers

L’Académie des sciences du Royaume-Uni accorde une subvention de 200 millions de Francs CFA à 22 chercheurs d’Afrique de l'Ouest, pour soutenir des projets de recherche dans les secteurs de la santé, de l'énergie, de l'eau et de l'assainissement.
 
Les chèques ont été remis le mois dernier à Dakar aux chercheurs travaillant dans les universités ouest-africaines.
 
Selon le chargé du programme de la Royal Society, Hans Hagan, l’objectif est de favoriser les échanges d'expériences entre chercheurs africains. 
 
Pour Hans Hagan, c’est un moyen efficace de briser les barrières des frontières africaines et de "résoudre les barrières linguistiques qui constituent un véritable blocage pour le développement économique de l'Afrique."
 
Selon le document final du Forum international tenu à Dakar du 2 au 4 juillet 2012 sur le thème "Stratégies pour un financement durable de la recherche universitaire en Afrique de l'Ouest et du Centre", la recherche demeure le parent pauvre des universités des pays d'Afrique au Sud du Sahara, particulièrement pour celles qui sont situées dans les parties occidentale et centrale du continent, où la part du PIB destinée à la recherche est estimée seulement à 0,3%.
 
Cet effort est jugé en deçà du seuil minimal recommandé par le Plan d'action de Lagos adopté en 1980, qui recommandait déjà aux pays membres de l’Union Africaine (UA), de consacrer un minimum de 1% de leur Produit intérieur Brut (PIB) à la recherche scientifique.
 
Pour l’ambassadeur du Royaume-Uni au Sénégal, John Marshall, la recherche scientifique est le baromètre du niveau de développement et de la compétitivité économique d'une société. 
 
"Pour se développer, l'Afrique doit compter sur l'efficacité de ses experts scientifiques. Le continent regorge de potentialités qui peuvent le conduire vers l'émergence. Seulement, pour en profiter, les Etats doivent miser sur la recherche scientifique", a expliqué le diplomate britannique.
 
Il invite par conséquent les récipiendaires à partager les résultats de leurs recherches, en vue de rebâtir l'Afrique avec ses propres ressources.
 
Enseignant chercheur à l’Université Felix Houphouët Boigny d’Abidjan Cocody, Herman Koffi déplore le fait qu’en Afrique de l’Ouest, les activités de recherche universitaire sont largement dépendantes des partenaires techniques et financiers internationaux qui "parfois, non seulement n'ont pas les mêmes préoccupations que les Africains, mais restent hésitants dans leurs interventions, à cause de l'absence de cadre institutionnel adéquat."
 
Pour lui, il faudra des dispositions internes en Afrique au Sud du Sahara pour promouvoir le financement de la recherche universitaire et des cadres incitatifs d'intervention en la matière pour les partenaires et les donateurs.