Afrique Sub-Saharienne

  • Les cellules souches, une piste prometteuse contre les MNT

    Sam Otieno

    06/04/17

Lecture rapide

  • Les maladies non transmissibles (MNT) représentent 23% de la morbidité en Afrique

  • Les cellules souches pourraient aider à lutter contre les MNT en Afrique

  • Un expert appelle à une politique orientée vers les patients et l'innovation en R&D

[NAIROBI] Selon un rapport, la science des cellules souches - étude des cellules qui ont la capacité de se développer dans d'autres types de cellules - pourrait résoudre le problème des maladies non transmissibles (MNT) en Afrique.
 
Un rapport d'atelier, publié en février par l'Académie africaine des sciences et l'Institut Stellenbosch pour les études avancées, stipule qu'investir du temps et de l'argent dans la recherche sur les cellules souches pour traiter les maladies non transmissibles, qui constituent un lourd fardeau économique pour l'Afrique, est essentiel pour assurer le développement socioéconomique du continent.

“Les facteurs qui pourraient favoriser la mise en œuvre de la science des cellules souches en Afrique comprennent l'infrastructure, le financement et les collaborations avec les chercheurs”

Marianne Mureithi
Université de Nairobi

 
Le rapport indique que les maladies non transmissibles représentent 23% de l’ensemble des maladies sur le continent, ce qui contribue à une augmentation des coûts médicaux et à un impact négatif sur la croissance humaine.
 
"En plus d'offrir une stratégie efficace pour lutter contre les maladies non transmissibles, les cellules souches peuvent fournir des organes alternatifs", explique le rapport.
 
"Beaucoup de patients, en particulier en Afrique, meurent pendant qu'ils sont sur les listes d'attente pour les transplantations d'organes, d'où l'importance de la bio-ingénierie des organes. Essentiellement, les cellules souches offrent une offre alternative, car ils peuvent être cultivés en laboratoire ".
 
Le rapport appelle au renforcement des capacités des jeunes chercheurs à entreprendre des recherches dans la science des cellules souches.
 
Venant Tchokonte-Nana, conférencier principal en anatomie médicale à l'Université de Stellenbosch en Afrique du Sud, a déclaré à SciDev.Net que la science des cellules souches pourrait aider à traiter les maladies non transmissibles, y compris le diabète.
 
"Les pays africains produisent maintenant des bébés dans des tubes à essai, ce qui, il y a quelques années, nous paraissait impossible. Le renforcement des capacités dans la recherche sur les cellules souches est opportun", explique Venant Tchokonte-Nana.
 
Pour sa part, Marianne Mureithi, conférencière au département de microbiologie médicale de l'Université de Nairobi, au Kenya, affirme que la recherche scientifique sur les cellules souches nécessite l'implication du gouvernement et le soutien des communautés, en raison des défis éthiques.
 
"Les facteurs qui pourraient favoriser la mise en œuvre de la science des cellules souches en Afrique comprennent l'infrastructure, le financement et les collaborations avec des chercheurs à l'intérieur et à l'extérieur du continent", explique Marianne Mureithi.
 
Michael Pepper, directeur de l'Institut de médecine cellulaire et moléculaire de l'Université de Pretoria, en Afrique du Sud, invite instamment les jeunes chercheurs à explorer la recherche sur les cellules souches car cela touche de nombreux domaines importants de la science et de la médecine.
 
Michael Pepper a déclaré à SciDev.Net qu'il est nécessaire d'avoir une politique équilibrée entre la protection des individus et la promotion de l'innovation.
 
"Une législation trop restrictive retardera ou empêchera de nombreuses thérapies prometteuses d'atteindre le marché", ajoute-t-il.