Afrique Sub-Saharienne

  • Le gari fortifié, pour une alimentation saine

    Alex Abutu

    08/11/16

Lecture rapide

  • Le gari est un aliment à base de manioc consommé par des millions de personnes en Afrique

  • Son renforcement en nutriments pourrait aider à combler les carences en protéines

  • Un expert invite l'Afrique à adopter la démarche, en vue d'aider à lutter contre la malnutrition chez les enfants

[IBADAN, NIGERIA] Selon des experts, l'enrichissement des denrées alimentaires pourrait être l'une des interventions sanitaires les plus rentables pour lutter contre la déficience en micronutriments, en particulier chez les enfants dans les zones à faibles ressources. 

Lors d'un atelier organisé par l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA), du 4 au 6 octobre à Ibadan au Nigéria, les experts ont estimé en outre que le gari fortifié - une farine crémeuse de couleur blanchâtre ou jaune avec une saveur légèrement fermentée et un goût légèrement aigre issue de la fermentation de tubercules de manioc frais gélatinisés - pourrait assurer le succès des programmes d'alimentation scolaire dans le pays.

“Fortifier le gari augmentera le nombre d'enfants survivant à l'âge de cinq ans”

Francis Aminu
Alliance mondiale pour l'amélioration de la nutrition


Francis Aminu, directeur national de l'Alliance mondiale pour l'amélioration de la nutrition, a déclaré que le gari est consommé par plus de 130 millions de personnes au Nigeria et sert d'aliment complémentaire pour les enfants âgés de 6 mois à 2 ans.
 
Les experts ajoutent que s'il n'est pas fortifié, le gari a certes des niveaux élevés de glucides, mais il manque d'éléments nutritifs essentiels tels que les protéines, les graisses, les vitamines et les minéraux nécessaires à l'alimentation adéquate de l'organisme.
 
Un chercheur de l'Institut mondial pour le soja dans la santé humaine (WISHH - World Initiative for Soy in Human Health) au Libéria a pour sa part prouvé que le gari fortifié utilisant le soja pourrait fournir les besoins nutritionnels des enfants.
 
La fortification, selon Josh Neiderman, directeur régional du WISHH pour l'Afrique, a abouti à un super gari, mélange de gari et de soja, qui a contribué à améliorer la santé et la nutrition, en s'attaquant aux carences en protéines.
 
Le Ghana quant à lui a commencé la fortification du gari, a déclaré Leticia Amoakoah Twum, chercheuse à l'Institut de recherche sur la biotechnologie et l'agriculture nucléaire, basé au Ghana.
 
Leticia Amoakoah Twum a déclaré qu'au Ghana, le gari est surtout consommé par les enfants en âge de scolarisation, qui ont besoin de nutriments pour assurer leur croissance.
 
"Notre désir est de fortifier le gari... avec le soja, certains micro-minéraux, des vitamines et de l'arachide, pour augmenter ses nutriments de manière significative, sans compromettre ses attributs sensoriels", a expliqué la chercheuse.
 
Francis Aminu a pour sa part ajouté : "Fortifier le gari augmentera le nombre d'enfants qui survivent jusqu'à cinq ans ... [ainsi que] le nombre d'enfants recevant les vitamines et minéraux essentiels dont ils ont besoin pour leur santé, leur croissance et un développement optimal. C'est une option que les gouvernements africains devraient adopter."