Afrique Sub-Saharienne

  • Selon les experts, l’Afrique doit exploiter son potentiel d’énergie renouvelable.

  • Energies renouvelables: L'Afrique doit se doter de meilleures politiques

    Maina Waruru

    23/02/12

[NAIROBI] Ce sont les politiques et les réglementations mal adaptées qui sont la principale cause de l’incapacité de l’Afrique à exploiter son énorme potentiel en énergies renouvelables, plutôt que le manque de moyens financiers, selon Adnan Amin, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable.

C’est à l’occasion du lancement d’un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) au Kenya cette semaine (du 20 au 22 février) qu’Adnan Amin a fait cette remarque, au cours de la 12ème session du conseil d’administration de cette institution.

L’événement marquait aussi le lancement en Afrique de l’Année internationale de l’énergie renouvelable pour tous, proclamée par l’ONU.

Ce rapport, intitulé Financer l’énergie renouvelable dans les pays en développement : moteurs et obstacles au financement privé dans l’Afrique sub-saharienne (Financing Renewable Energy in Developing Countries: Drivers and Barriers for Private Finance in Sub-Saharan Africa), analyse les stratégies pour surmonter les obstacles empêchant l’Afrique d’accroître sa production d’énergie renouvelable.

La clé de l’exploitation du potentiel du continent réside dans l’ouverture des marchés de l’énergie en Afrique aux investissements du secteur privé, selon le rapport.

“Nous sommes convaincus que si le potentiel énergétique du continent était entièrement exploité, des innovations plus révolutionnaires encore verraient le jour sur ce continent.”

Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE

Deux à cinq pour cent seulement des communautés rurales d’Afrique sub-saharienne ont accès à l’électricité du réseau, une situation qui a freiné leur développement.

Le rapport prévient que la moitié de la population de l’Afrique n’aura toujours pas accès à l’électricité d’ici 2030 si une action n’est pas menée d’urgence pour réduire la dépendance du continent à l’égard des sources d’énergie traditionnelles.

Selon Amin, l’Afrique dispose d’assez de capitaux sur ses marchés de l’énergie pour libérer son énorme potentiel en énergie propre, à condition que des politiques adéquates et des réglementations idoines soient adoptées.

Avec l’engagement politique requis, a-t-il ajouté, l’Afrique pourrait transformer ses villages les plus reculés, déclencher un cycle de forte croissance économique et susciter des innovations technologiques déterminantes dans des secteurs comme l’agriculture et la sécurité alimentaire.

« L’Afrique doit se montrer à la hauteur et saisir les opportunités qui s’offrent à elle. Pour cela, elle doit trouver de l’argent sur ses propres marchés financiers et conclure des partenariats public-privé, pour mettre pleinement en valeur le potentiel en énergies vertes qu’elle n’exploite pas », conseille Amin.

La dépendance ininterrompue à l’égard des énergies fossiles, principalement importées de l’extérieur du continent, accélère la pauvreté et engloutit les recettes des exportations dans certains pays. Le Kenya et le Sénégal consacrent ainsi jusqu’à 50 pour cent de leurs recettes d’exportations pétrolières au paiement des factures d’importation pétrolière, ajoute-t-il.

Pour Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE , « Nous avons vu naître en Afrique des technologies révolutionnaires comme le transfert d’argent par téléphone portable; nous sommes convaincus que si le potentiel énergétique du continent était entièrement exploité, des innovations plus révolutionnaires encore verraient le jour sur ce continent ».

Connie Heidegaard, Commissaire européenne à l’Action pour le climat, estime que les pays doivent s’efforcer de faire de l’énergie verte une réalité à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) au mois de juin prochain.

« Les énergies durables doivent devenir l’un des sujets de négociation de Rio+20. Sinon nous risquons de transformer en un simple forum de discussions ce processus vieux de vingt ans, qui est allé de Rio à Durban en passant par Nairobi », regrette-t-elle.

Lien vers le rapport complet [3.77MB]