Afrique Sub-Saharienne

  • Initiatives pour stimuler la recherche et le développement

    Dann Okoth, Sam Otieno

    19/10/15

Lecture rapide

  • Ils fournissent une source de financement à l’intention des chercheurs africains

  • La nouveauté c’est que ces programmes seront administrés en Afrique par des Africains

  • Les gouvernements africains sont invités à investir davantage dans la R&D

[NAIROBI] Une nouvelle alliance scientifique et deux autres initiatives visant à offrir des possibilités à long terme de développement de leadership en matière de  recherche et d'innovation en vue d’aider à faire face aux problèmes de développement en Afrique ont été lancées.
 
L'Alliance pour l'accélération de l'excellence dans le domaine des sciences en Afrique (AESA), dévoilée au Kenya le 10 septembre, permettra aux chercheurs et aux innovateurs en matière de technologie de puiser dans un pool unique de ressources pour faire avancer leurs travaux et établir des collaborations au sein du continent et au-delà.
 
L'AESA sera administrée par l'Académie africaine des sciences (AAS) qui est basée au Kenya en collaboration avec l’Agence du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) de l'Union africaine (UA).
 
Elle a reçu la pleine approbation des dirigeants africains lors du Sommet de l'UA du 24 janvier 2015 à Addis-Abeba, en Ethiopie.
 
Thomas Kariuki, son directeur, a déclaré que l'AESA a été créée par l’AAS et le NEPAD, et bénéficie du soutien de trois bailleurs de fonds mondiaux -- la Fondation Bill & Melinda Gates, le Wellcome Trust et le Département britannique en charge du développement international (DFID) -- avec un financement de démarrage de 5,5 millions d’euros.
 
"L’AESA soutient des initiatives dans tous les domaines de la science, en particulier des recherches en santé pertinentes pour l'Afrique", a déclaré Thomas Kariuki, ajoutant que cette initiative déterminerait l'agenda pour la prochaine génération de scientifiques et d’innovateurs africains.
 
D’après Thomas Kariuki, l'initiative est une étape importante dans le paysage de la recherche et de l'innovation en Afrique.
 
"Le continent bouillonne de chercheurs et d’innovateurs talentueux soutenus par certaines des institutions les plus dynamiques ... L’AESA travaillera en étroite collaboration avec des partenaires africains et internationaux et s'efforcera en particulier  d'établir des collaborations Sud-Sud qui ont fait défaut par le passé", a-t-il laissé entendre.

La présidente de la République de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, une chercheuse primée et membre de l'AAS, a exhorté les gouvernements africains à investir davantage dans la recherche scientifique en tant qu’un moyen d’exploitation du grand potentiel du continent.

“Il est important que les dirigeants [africains] reconnaissent la nature transformatrice de la science sur la société et s’engagent à apporter davantage d’appui à ce secteur”

Ameenah Gurib-Fakim
Présidente de la République de Maurice

 
"Le produit intérieur brut (PIB) de la plupart des pays africains s’est amélioré au fil des décennies, mais un pourcentage excessivement faible dudit PIB est investi dans la recherche scientifique", a déclaré Ameenah Gurib-Fakim.
 
"Il est important que les dirigeants [africains] reconnaissent la nature transformatrice de la science sur la société et s’engagent à apporter davantage d’appui à ce secteur".
 
Elle a noté que, bien que des scientifiques africains soient impliqués dans des projets de recherche majeurs à travers le monde, le continent ne produit que 2 % des travaux de recherche dans le monde, avec la plupart des pays n'investissant qu’un lamentable 0,5 % de leur PIB dans la recherche.
 
Lors du lancement de l'AESA, deux autres programmes de recherche ont été présentés. Le Wellcome Trust qui est basé au Royaume-Uni a annoncé l'attribution de subventions à sept chercheurs africains de premier plan d’un montant de 46 millions de livres (près de 70 millions de dollars) par le biais de son programme Deltas Africa sur une période initiale de cinq ans.
 
Le financement total de Deltas comprend un appui de 10 millions de dollars provenant du DFID.
 
Grands Challenges Afrique, qui sera dirigé par l’AAS à travers la plateforme de l’AESA, a également été annoncé.
 
"Grands Challenges Afrique se fonde sur plus d'une décennie d'investissements de Grand Challenges sur des innovateurs locaux, y compris des centaines de subventions Grand Challenges accordées à des innovateurs à travers l'Afrique", a déclaré Trevor Mundel, président de la santé mondiale, à la Fondation Gates, dans une déclaration publiée par le Wellcome Trust et l'AESA le 10 septembre.
 
"Le programme développera, lancera et gérera en fin de compte des Grands Challenges spécifiques à l'Afrique, ciblant les défis de développement qui empêchent les pays africains d'atteindre les objectifs de développement durable", a ajouté la déclaration.