Afrique Sub-Saharienne

  • La faim continue de faire son lit en Afrique

    Julien Chongwang

    01/06/15

Lecture rapide

  • En Afrique, plus de 232 millions de personnes continuent de souffrir de la faim

  • L’Afrique centrale est la région la plus touchée, avec une prévalence de 41,3%

  • La Zambie est le pays le plus affecté avec une augmentation de 173% en 25 ans

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié la semaine dernière son rapport 2015 sur "L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde" dont le constat général est que "dans une population mondiale qui ne cesse d’augmenter, le nombre de personnes sous-alimentées est en diminution".

De manière chiffrée, le nombre de personnes sous-alimentées a baissé de 216 millions entre 1990-1992 et 2014-2016 alors que la population mondiale augmentait de 1,9 milliard sur la même période.

Toutefois, le rapport souligne l’inégalité des progrès en ce qui concerne les objectifs internationaux de réduction de la faim.

A l’échelle mondiale, il note ainsi que "le nombre de personnes qui sont privées de la nourriture dont elles ont besoin pour une vie saine et active demeure inacceptable".

“Les initiatives ayant pour but de favoriser la croissance dans l’agriculture et le secteur rural peuvent être un élément important d’une stratégie visant à promouvoir une croissance inclusive et améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire.”

FAO


Car, bien que la prévalence de la sous-alimentation soit passée de 18,6% en 1990–1992 à 10,9% en 2014–2016, la FAO estime à 795 millions de personnes (soit une personne sur 9) le nombre de personnes connaissant une sous-alimentation chronique en 2014–2016.

Mais, les statistiques par région montrent surtout que c’est l’Afrique qui demeure le continent le plus touché par le problème ; car, même si le taux de prévalence a baissé sur le continent en passant de 27,6% en 1990–1992 à 20% en 2014–2016, le nombre de personnes sous-alimentées y a plutôt augmenté, allant de 181,7 à 232,5 millions durant la même période.

Par ailleurs, les disparités selon les régions y demeurent très importantes avec les extrémités occupées par l’Afrique du Nord (moins de 5% de taux de prévalence) et l’Afrique centrale (41,3%) qui occupe aussi le premier rang mondial.
Entre les deux sous-régions, l’on a l’Afrique de l’est (31,5%), l’Afrique de l’ouest (9,6%) et l’Afrique australe (5,2%).

"Les changements qui se sont produits dans les grands pays très peuplés, notamment la Chine et l’Inde, permettent d’expliquer en grande partie les tendances mondiales de la réduction de la faim dans les régions en développement", écrit le rapport pour expliquer ces évolutions.

Ajoutant que "des progrès rapides ont été réalisés au cours des années 90 lorsque les régions en développement, dans leur ensemble, ont enregistré une baisse constante du nombre de personnes sous-alimentées et de la prévalence de la sous-alimentation", poursuit le rapport.

A l’échelon des pays pris individuellement, l’Etat africain qui a connu la plus forte augmentation du nombre de personnes sous-alimentées est la Zambie (+173,1%) qui enregistre 7,4 millions de personnes sous-alimentées en 2014-2016 contre 2,7 millions en 1990-1992.

Quant à la nation qui a connu la plus forte diminution du nombre de ses citoyens sous-alimentés, il s’agit de Djibouti (-68,8%) dont la population sous-alimentée est passée de 500 000 à 100 000 personnes entre 1990-1992 et 2014-2016.

Comme perspective, la FAO relève dans ses conclusions que "les initiatives ayant pour but de favoriser la croissance dans l’agriculture et le secteur rural peuvent être un élément important d’une stratégie visant à promouvoir une croissance inclusive et améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire."