Afrique Sub-Saharienne

  • Adopter des systèmes de santé centrés sur les personnes pour de meilleurs résultats

    Sam Otieno, Stephanie Achieng’

    25/09/17

Lecture rapide

  • L'Afrique n'a pas fait de grands progrès en matière de défis liés à la santé

  • Un nouveau rapport appelle à des systèmes de santé axés sur les personnes

  • Un expert demande aux gouvernements de financer la R&D en matière de santé

[NAIROBI] Selon un rapport, l'Afrique pourrait grandement tirer parti de l'adoption de systèmes de santé axés sur les personnes, qui reflètent les besoins spécifiques de chaque pays.
 
Le rapport, publié dans The Lancet ce mois-ci (14 septembre) et lancé au Kenya, appelle à de nouvelles stratégies et mesures pour réviser les approches actuelles des prestations de soins de santé en Afrique, imprégnées de problèmes d'équité et de durabilité.
 
Selon le document, l'Afrique est en retard sur d'autres continents et connaît des inégalités majeures ; les résultats en matière de santé sont particulièrement mauvais dans les zones rurales pauvres, au sein des populations les plus démunies et marginalisées, les handicapés, dans les bidonvilles urbains, ainsi que dans les pays fragiles.

“Le continent devrait adopter une expansion rapide de nouvelles approches endogènes de systèmes de santé centrés sur les personnes, axées sur la prévention, les soins primaires et la santé publique.”

Nelson Sewankambo
Université Makerere, Ouganda

 
"Les pays peuvent et devraient investir davantage dans la santé et agir davantage pour remédier aux inefficacités en identifiant de nouvelles sources de financement et en initiant un mouvement vers la priorisation de la santé dans les budgets nationaux", prescrit le rapport, qui résulte d'un projet de quatre ans entrepris par une Commission Lancet sur les défis et opportunités pour la santé en Afrique.
 
Le rapport met en évidence 12 options stratégiques telles que le leadership, le financement de la santé et le développement de la main-d'œuvre de la santé pour tous les pays d'Afrique subsaharienne, afin d'atteindre une vie plus saine pour tous d'ici à 2030.
 
Dans une interview à SciDev.Net, Nelson Sewankambo, co-auteur du rapport, explique que les structures reposant sur les hôpitaux et les soins individuels ne sont pas susceptibles de conduire à une meilleure santé pour tous les Africains.
 
"Le continent devrait adopter une expansion rapide de nouvelles approches africaines de systèmes de santé centrés sur les personnes, axées sur la prévention, les soins primaires et la santé publique, et soutenues par des systèmes d'orientation hospitalière et des soins tertiaires de qualité, nécessaires pour passer à la prochaine étape d'une meilleure santé", ajoute Nelson Sewankambo, professeur de médecine à l'Université Makerere, en Ouganda.
 
Il estime en outre que le continent devrait intégrer une innovation plus avancée et des technologies personnalisées et peu coûteuses dans les systèmes de prestation de services de santé et dans l'enseignement professionnel en matière de santé. 

Cela permettra, explique-t-il, d'atteindre l'objectif de soins de santé universels, citant l'exemple de la technologie mobile mise en place au Ghana pour identifier les médicaments contrefaits comme un exemple d'innovation localisée.
 
Alex Ezeh, directeur exécutif du Centre africain de recherche sur la population et la santé, basé au Kenya, exhorte pour sa part les gouvernements africains à utiliser l'enseignement supérieur et la recherche pour une meilleure santé et un développement durable.
 
"L'enseignement supérieur joue un rôle essentiel pour le développement d'une main-d'œuvre adéquate et qualifiée et l'augmentation de la capacité de recherche en santé, et devrait recevoir une plus grande priorité dans les programmes nationaux et régionaux du continent", explique Alex Azeh, co-auteur du rapport. Il note qu'une recherche locale qui identifie les défis, établit des priorités et élabore des solutions originales aux problèmes locaux est nécessaire pour améliorer la prestation des services de santé en Afrique et changer l'état d'esprit selon lequel tout ce qui est fait en Afrique est mauvais.
 
Nelson Torto, directeur exécutif de l'Académie africaine des sciences, une organisation panafricaine basée au Kenya, met au défi les gouvernements africains de financer leurs propres programmes de recherche sur la santé et de ne pas dépendre principalement des donateurs extérieurs.
 
"Différents pays sont confrontés à différents problèmes", a déclaré Nelson Torto à SciDev.Net. "Cela nécessite des collaborations efficaces sur le continent pour partager des informations, des connaissances et des solutions pour résoudre les problèmes de santé".
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.