Afrique Sub-Saharienne

  • Libreville se donne les moyens d’une ville intelligente

    Pierre Célestin Atangana

    29/03/16

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  • La ville et Microsoft ont signé un accord pour exploiter des solutions innovantes

  • Des applications permettent de gérer le trafic routier et les actes d’état civil

  • La société civile avertit cependant des dangers de la manipulation de ces données

[Libreville] La capitale du Gabon vient de conclure un partenariat avec Microsoft pour bénéficier des avancées technologiques et des applications de dernière génération permettant la mise en pratique des solutions innovantes.
 
Ce programme dénommé Citynext concerne huit secteurs clés : santé, services sociaux, infrastructures, eau, électricité, justice, culture et éducation.
 
Dans le domaine des transports par exemple, la firme américaine va développer des outils à faibles coûts pour assurer la gestion des transports urbains.
 
L’application qui permet la gestion des flux de circulation donne une photographie fidèle du trafic routier, signale les incidents qui créent des perturbations, décrit ces incidents et fournit des éléments de géolocalisation.
  

“Les habitants constituent le noyau des villes. En intégrant la technologie dans la vie de la ville, on peut faire davantage avec moins, en puisant dans les tendances urbaines et en utilisant celles-ci pour répondre aux besoins des citoyens”

Bazoumana
Microsoft Afrique de l’ouest et du centre

 
Pour l’amélioration de la gouvernance, notamment la collecte des taxes, Libreville aura une vue globale du niveau de collecte des taxes et impôts réalisé par mois, par an, par industrie, etc.
 
L’on peut, grâce à cette application, comparer les performances et intégrer des indicateurs tels que le produit intérieur brut, l’inflation annuelle, la population…
 
La palette d’outils technologiques de Microsoft permet aussi aux citoyens de participer à la protection du patrimoine urbain. L’on peut ainsi signaler des cas de biens publics endommagés, des nids de poules ou des comportements inciviques tels que les dépôts sauvages d’ordures, etc.
 
"Il suffit pour l'utilisateur de prendre des photos, de rajouter des commentaires, et l’information est envoyée automatiquement en son nom. Il peut ensuite faire un suivi de la gestion du cas notifié", explique-t-on à Microsoft.

Télésanté

D’autres applications permettent de numériser et d’accéder aux services d’état civil, de police, des urgences grâce à l’e-formulaire. A ce titre, une application sur la télésanté permet d’aider les citoyens à trouver et à accéder aux informations ainsi qu’aux services de santé publique.
 
Elle permet d’avoir accès à la liste des hôpitaux et des médecins traitant des affections particulières, la liste des centres de prise en charge, leurs adresses, leurs contacts, leur géolocalisation, la disponibilité des ressources et des listes d’attente.
 
"Au-delà du VIH, une accélération de la riposte encouragera la mise en œuvre de nouveaux programmes de pointe qui permettront aux villes de s’attaquer à d’autres enjeux de santé publique", explique Djibril Diallo, directeur régional de l’ONUSIDA pour l'Afrique centrale et de l’ouest.
 
D’après M. Bazoumana, directeur des grands comptes pour Microsoft Afrique de l’ouest et du centre, il s’agit de mettre la technologie au service des communautés.
 
"Les habitants constituent le noyau des villes. En intégrant la technologie dans la vie de la ville, on peut faire davantage avec moins, en puisant dans les tendances urbaines et en utilisant celles-ci pour répondre aux besoins des citoyens", précise-t-il.
 
Sécurisation des données
 
Pour le maire de Libreville, Rose Christiane Ossouka Raponda, avec ce partenariat, la ville de Libreville devient "moderne et respectueuse des exigences liées au développement durable, à la protection et à la préservation de la nature".
 
Pour autant, certains partenaires sociaux mettent en garde contre la sécurisation des données qui vont être ainsi manipulées.
 
"La question de la sécurisation des données est un problème majeur. Ce qui est fait aujourd’hui en termes de TIC, existe depuis des années ; nous sommes en train de nous arrimer. Et je pense que les autorités ne peuvent pas se permettre d’exposer les populations à de tels dangers", relève Nicaise Moulombi, président du Réseau des organisations de la société civile pour l’économie verte en Afrique (Roscevac).
 
D’un autre côté, "ceux qui enverront des informations erronées ne seront pas bien nombreux ; car, pour ce type d’infrastructure, on met en place une interface qui filtre l’envoi des données et des appels ", indique Ariel Kindengue, spécialiste de la sécurisation des informations.