Afrique Sub-Saharienne

  • Cameroun : un moyen de faire ses courses sans se déplacer

    Ghislaine Deudjui

    01/02/17

Lecture rapide

  • Le client s’enregistre sur le site web de la start-up, puis sélectionne des produits

  • Des agents de l’entreprise font les courses et lui apportent les marchandises

  • Le ministère du Commerce encourage toute initiative d’économie numérique

Christelle Jackson Ndongou, une jeune entrepreneure camerounaise, a créé il y a moins d’un an, une start-up dénommée Sappgo. Il s’agit d’une petite entreprise spécialisée dans la distribution de denrées alimentaires.
 
Sappgo, qui signifie "le Panier", est un service de livraison à domicile de courses effectuées dans les supermarchés, les épiceries et les marchés de vivres frais de la ville de Douala.
 
Tout commence par le site web de la petite entreprise où le client doit s’enregistrer et effectuer ensuite la commande des produits dont il a besoin, en remplissant des formulaires.

“Nous encourageons ce type de concept. S’arrimer à la nouvelle donne et migrer de manière décisive vers le numérique en développant des activités pareilles, c’est encourageant”

M. Zambo
Ministère du Commerce - Douala, Cameroun


Un agent de la structure va se charger alors d’exécuter cette commande en allant acquérir les produits sélectionnés pour enfin aller les livrer à l’adresse fournie par le client.
 
Ce dernier paie l’ensemble de ces prestations en espèces à la livraison des marchandises ou par le service de monnaie électronique offert par les opérateurs de téléphonie mobile.
 
Les produits exposés sur sa plateforme virtuelle viennent de comptoirs physiques. "Nous avons noué des partenariats avec des commerçants pour développer notre entreprise", explique Christelle Jackson Ndongou.
 
Exploitant d’un commerce de vivres frais et secs, Joseph Tonye est l’un des principaux fournisseurs de Sappgo.
 
"A la faveur de notre partenariat avec Sappgo, nous mettons des produits de bonne qualité à sa disposition. Lorsque le client est satisfait nous le sommes aussi", affirme-t-il.
 
Ce d’autant plus que le client est exigeant : "Le marché des fruits étant concurrentiel, les consommateurs n’hésitent pas à faire des comparaisons avec d’autres fournisseurs. Pour cela, il faut être le meilleur dans le service", affirme Ghislain Elooh, un distributeur de la start-up.
 
Selon toute vraisemblance, le concept ne laisse pas indifférent le grand public. Le site Sappgo.com enregistre ainsi plus de 300 visites par jour.
 
Or, si ce chiffre suggère une bonne évolution de l’activité, les commandes ne suivent pas le même rythme. L’on apprend en effet que depuis la création de l’entreprise, au mois d’octobre 2015, elle compte une trentaine de clients fidèles pour une moyenne de cinq commandes par jour.
 
Service de proximité
 
"Actuellement les paniers de fruits frais et légumes sont les produits les plus sollicités. Les consommateurs en demandent tous les jours", confie Christelle Jackson Ndongou. Précisant que le panier de fruits est vendu entre 500 et 2 000 FCFA (entre 0,82 et 3,29 dollars).
 
Les clients rencontrés par SciDev.Net semblent en tout cas satisfaits du service. "Il est très intéressant et il nous fait gagner du temps. Pour des personnes occupées en journée comme moi, un service de proximité pareil ne peut que nous réjouir", témoigne Crescence Elodie, Community developement spécialist dans une entreprise de Douala.
 
"Le service est intéressant ; surtout en ce qui concerne les délais de livraison. En plus, la quantité et la qualité des produits proposés sont raisonnables face aux prix indiqués", affirme pour sa part Christian Ndop, un étudiant.
 
L’initiative ne laisse pas non plus les autorités indifférentes. A la représentation du ministère du Commerce pour le Littoral à Douala, les officiels sont séduits par le projet.
 
"Nous encourageons ce type de concept. S’arrimer à la nouvelle donne et migrer de manière décisive vers le numérique en développant des activités pareilles, c’est encourageant", commente M. Zambo, chef de service à la représentation régionale du ministère du Commerce à Douala.
 
"Le commerce électronique prend de plus en plus de l’ampleur et c’est un pan à ne pas négliger pour l’évolution de notre économie", ajoute-t-il.
 
Des propos qui vont droit au cœur de Christelle Jackson Ndongou qui y trouve une source de motivation pour élargir ses offres.
 
D’ores et déjà, la promotrice de Sappgo ambitionne d’ouvrir un rayon charcuterie cette année. A l’en croire, des partenariats sont en cours de négociation avec des boucheries de la place.