Afrique Sub-Saharienne

  • Internet : Produire des contenus locaux pour une utilisation accrue

    Eldon Opiyo

    15/11/16

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  • Malgré un accès accru à l'Internet, son utilisation en Afrique est généralement faible

  • Un rapport explique cet état de fait par le manque de contenus locaux

  • Pour les experts, le rapport pourrait aider à faire prendre conscience de la question

[NAIROBI] Selon un rapport de l’Internet Society, malgré les récentes améliorations en matière d'infrastructure et de facilité d'accès, l'adoption de l'Internet en Afrique subsaharienne ne  connait pas une croissance rapide.
 
Le rapport estime que l'adoption de l'Internet en Afrique connaît une lente croissance parce que les utilisateurs potentiels ne le trouvent pas toujours assez pertinent.
 
Selon Bastiaan Quast, co-auteur du rapport et économiste à l'Internet Society, l'Afrique fait face à des défis tels que la pauvreté des systèmes de télécommunication dans les bidonvilles et le coût d'accès à Internet.
 
"Il y a très peu de contenus dans les langues locales... Nous avons besoin de plus de contenus (professionnels) locaux", a déclaré le chercheur à SciDev.Net, le mois dernier (20 octobre).
 
Le rapport d'Internet Society, un consortium basé aux États-Unis, a été publié lors du Forum africain sur l’appairage et l'interconnexion, qui s'est tenu du 30 août au 1er septembre en Tanzanie.
 
Promouvoir des contenus africains
 
Selon le rapport, bien que dans certains pays africains, environ 90% de la population vivent dans le rayon d'un signal Internet mobile, l'utilisation est parfois de 20% ou moins au sein de la population, ce qui a conduit les auteurs à évaluer les raisons de cette faible adoption de l'Internet.
 
"Nous avons utilisé des données provenant de plusieurs sources. Dans certains cas, elles comprennent tous les pays africains", explique Bastiaan Quast, citant le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie et l'Ouganda, parmi les pays étudiés. 

“Il y a très peu de contenus dans les langues locales .... Nous avons besoin de plus de contenus (professionnels) produits au niveau local. ”

Bastiaan Quast
Internet Society



L'étude, précise-t-il, couvrait la période 2012-2016.
 
"Nous avons compté sur des sources telles que l'Union internationale des télécommunications et Research ICT Africa pour la collecte des données", ajoute-t-il.
 
Millicent Ong'ondo, expert de l'Internet qui travaille à la J.D. Rockefeller Research Library à l'Université Egerton au Kenya, partage les conclusions du rapport d’Internet Society, estimant que la plupart des gens en Afrique ne mènent pas beaucoup de recherche sur les questions Internet qui les touchent. Ainsi, ils comptent sur ce qui est facilement disponible et qui ne présente malheureusement pas souvent de pertinence au niveau local.
 
"Le contenu local joue principalement un rôle dans l'adoption, mais pas dans la connectivité", explique Millicent Ong'ondo.
 
"La connectivité dépend d'autres facteurs comme le coût, les niveaux d'alphabétisation et d'éducation, le coût des téléphones mobiles, le coût du temps d'antenne et la rapidité de la connectivité."