Afrique Sub-Saharienne

  • Spodoptera frugiperda sur une feuille de maïs -

  • Un guide pour combattre la chenille légionnaire d’automne en Afrique

    Christophe Assogba

    20/02/18

Lecture rapide

  • La chenille légionnaire d’automne est apparue en Afrique au courant de l’année 2016

  • Déjà présente dans plus de 30 pays, elle attaque plus de 80 cultures, surtout le maïs

  • Des experts appellent à une vulgarisation du guide qui vient d’être élaboré

Un guide vient d’être élaboré pour aider les acteurs du secteur agricole à lutter contre la chenille légionnaire d’automne, un redoutable ravageur du maïs en Afrique.
 
Intitulé "Fall Armyworm in Africa: A Guide for Integrated Pest Management" [1], ce nouveau document a été coproduit par quatre organisations : le programme Feed the Future [2], l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), le Centre international d'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) [3], et le programme du CGIAR [4] sur le maïs.
 
Publié fin janvier 2018, ce guide contient des conseils sur l'identification du ravageur, les technologies disponibles et les meilleures pratiques pour gérer efficacement ce parasite.

Guide 2
 
C’est un concentré de faits scientifiques et d’avis d'experts des organisations de protection des végétaux, des agences de vulgarisation, des instituts de recherche et des gouvernements travaillant avec les petits exploitants pour mieux comprendre et mieux lutter contre ce ravageur.
 
Selon Prasanna Boddupalli, directeur du CIMMYT, ce ravageur invasif des cultures a été identifié dans plus de 30 pays africains et est capable de se nourrir de 80 espèces de cultures différentes, dont le maïs, un aliment de base consommé par plus de 300 millions de familles de petits exploitants en Afrique.
 
D’après Georg Georgen, entomologiste à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), ce ravageur dont la présence en Afrique a été confirmée pour la première fois en 2016, "représente une menace importante pour la sécurité alimentaire, les revenus des producteurs agricoles et les moyens de subsistance".
 
Des estimations du Centre pour l'agriculture et les biosciences internationales (CABI) en 2017 indiquent que la chenille légionnaire d’automne est à même de provoquer des pertes de rendements entre 3,6 et 6,2 milliards de dollars par an, dans 12 pays producteurs de maïs en Afrique.
 
 
 
Ce guide de formation, de sensibilisation et de vulgarisation des bonnes pratiques de lutte contre ce ravageur invasif, a servi de boussole aux experts de l’atelier de formation des formateurs des praticiens du secteur agricole de l'Afrique de l'Ouest sur la gestion de la chenille légionnaire d'automne, qui s’est tenu à Cotonou du 13 au 15 février 2018.
 
Lutte intégrée
 
Le contenu du guide a été partagé avec la centaine de participants venus pour la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest pour prendre part à cette formation régionale, la troisième d’une série à travers l’Afrique.
 
Conjointement organisé par la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l'USAID, avec l'expertise technique de l'IITA, du CIMMYT et des personnes-ressources d’institutions nationales et internationales, l’atelier de Cotonou visait, selon Georg Georgen, représentant de l'IITA, à "renforcer les capacités techniques des acteurs du secteur agricole de l’Afrique de l’Ouest en matière de gestion de la lutte antiparasitaire intégrée".
 
Pour Benoît Gnonlonfin, représentant de la Commission de la Cédéao, "il est urgent face aux nombreux problèmes du secteur agricole et surtout à la forte menace de la chenille légionnaire d'automne pour la production agricole en Afrique de l’Ouest, de mener des efforts conjugués pour faire face aux défis des systèmes de protection phytosanitaire dans les différents pays de la région".
 
Benoît Gnonlonfin a invité les pouvoirs publics de tous les pays de l’Afrique de l’Ouest à accompagner le processus de mise en place du plan de management des ravageurs des végétaux pour pouvoir mener une lutte implacable contre ce ravageur du maïs.
 
Seydou Samaké, du bureau Afrique de l’Ouest de l’USAID, recommande pour sa part l’élaboration d’une stratégie régionale qui puisse permettre de lutter efficacement contre ce ravageur.