Afrique Sub-Saharienne

  • Un agriculteur tenant des tubercules comestibles

  • Le Kenya lance 14 applications mobiles pour l'agriculture

    Duncan Mboyah

    19/06/18

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  • Les 14 applications mobiles ciblent des cultures telles que le manioc, le maïs et la pomme de terre

  • Elles visent à faciliter les processus agricoles et à fournir des données ouvertes à la ferme

  • Un fermier estime que les applications pourraient aider à réduire les pertes post-récolte

[NAIROBI] Le Kenya a lancé 14 applications mobiles pour aider les agriculteurs à s'approprier des technologies qui améliorent la productivité agricole et le commerce.

Les applications ciblent des cultures telles que l'avocat, la banane, le manioc, le maïs, la goyave, le niébé et la pomme de terre.

Selon des experts, le Kenya est en train de transformer son agriculture, vu que les anciennes méthodes de fourniture de services importants aux populations deviennent obsolètes à mesure que de nouvelles connaissances deviennent disponibles pour la communauté internationale.

Boniface Akuku, directeur des technologies de l'information et de la communication (TIC) à l'Organisation de recherche agricole et animalière du Kenya (KALRO - Kenya Agricultural & Livestock Research Organization), affirme que les applications vont ouvrir la voie à une nouvelle révolution qui contribuera à réduire les prix pour les consommateurs, à une agriculture intelligente et motivera les agriculteurs à augmenter leur production.

“Nous numérisons notre agriculture pour aider à faciliter les processus agricoles, stimuler le commerce électronique et fournir des données ouvertes pour une utilisation future en agriculture.”

Mwangi Kiunjuri, ministère de l'Agriculture et de l'Irrigation

"Cela aidera les agriculteurs à aaccder à des informations vraies, contrairement aux modèles conventionnels qui leur permettent de recevoir des informations erronées conduisant à la culture de semences non recommandées", dit-il.

Boniface Akuku explique que KARLO a financé la création des applications mobiles et que le lancement des 14 applications fait suite à trois autres lancées en avril 2017 qui ciblaient le poulet indigène, les pâturages et la production de semences et des cultures des zones arides.

"La plateforme aidera à améliorer la démocratisation des données de recherche et les idées pour informer les politiques, en particulier sur l'amélioration des moyens de subsistance des petits agriculteurs", explique-t-il.

Selon Boniface Akuku, les applications mobiles ont été lancées le mois dernier (29 mai) et devraient aider les jeunes à adopter l'agriculture comme activité professionnelle et à remplacer les agriculteurs âgés.

Il note que les applications sont conçues pour aider les agriculteurs à identifier et prévenir les parasites des cultures et les maladies qui affectent les cultures, et connaître le temps pour la plantation de graines.

Les agriculteurs semi-analphabètes qui n'utilisent pas de téléphones portables seraient aidés par leurs enfants et les leaders d'opinion au sein de leurs communautés. Les applications nécessitent l'utilisation d'Internet, et les agriculteurs y auront accès à leurs frais, explique encore Boniface Akuku.

Pour sa part, Mwangi Kiunjuri, le secrétaire d'Etat kenyan pour l'agriculture et l'irrigation, dit que la numérisation de la chaîne de valeur agricole au Kenya facilitera l'accès des agriculteurs aux marchés. "Nous sommes en train de numériser notre agriculture, pour aider à faciliter les processus agricoles, stimuler le commerce électronique et fournir des données ouvertes pour une utilisation future en agriculture", note-t-il.

Le responsable kenyan ajoute que les TIC pourraient être exploitées de manière générale et le se mettre au service du développement rural. "Le lancement est arrivé au bon moment et c'est bon pour le secteur agricole, qui est resté en léthargie depuis un certain temps", explique Bitange Ndemo, maître de conférences à la School of Business de l'Université de Nairobi, au Kenya.

Selon Bitange Ndemo, les applications mobiles aideront les agriculteurs à recevoir les informations nécessaires concernant la préparation des terres, la plantation et le changement climatique.

"Nous espérons que les nouvelles applications aideront à réduire les pertes après récolte, qui représentent un grand défi dans le pays", ajoute-t-il.

Mary Indeche, petite exploitante de Bungoma, dans l'ouest du Kenya, explique à SciDev.Net que les applications mobiles aideront à réduire l'invasion des ravageurs, en permettant aux agriculteurs de signaler de nouveaux cas en temps utile.

"Les applications mobiles sont utiles en l'absence de vulgarisateurs agricoles. Elles nous fourniront donc l'information dont nous avons tant besoin et réduiront les pertes post-récolte", ajoute-t-elle.